Je ne vous ai pas encore parlé des domestiques beaucoup. Nous en avons deux: un jardinier, qui s’appelle John, et une bonne qui s’appelle Pauline. John, sa femme Pretty (les Zimbabweens ont souvent un adjectif comme prénom comme courage ou bien Beauty) et ses enfants Bridget 13 ans et Bryce 7 ans vivent derrière chez nous. Pauline vit aussi derrière chez nous avec sa nièce Rachel de 16 ans, son fils Robert de 13 ans (il est au pensionnat), sa fille Rebecca de 8 ans et son fils Richmond de 2 ans. Ils ont donc “leurs quartiers” sur notre propriété. En gros, c’est une chambre à coucher par famille et une autre pièce servant de salon/salle à manger. Ils partagent une cuisine extérieure et une salle de bain. Les familles québécoises qui chialent qu’une salle de bain pour 4 on se pile dessus, bien eux... ils sont 9! Tout ceci est dans un même bâtiment long et étroit.
Nous avons un énorme terrain donc John travaille à temps plein sur celui-ci. La piscine, les fleurs, le gazon, les arbres, le jardin l’occupe 5 jours par semaine. Pauline nettoie la maison, fait le lavage et le repassage (tout doit être repassé ici, même les petites culottes!), va chercher les enfants à l’école, s’occupe de Simon en après-midi et nous prépare 3 à 4 soupers par semaine. Elle prépare aussi les muffins et les crudités pour les lunchs. Ici, il n’y a rien de prêt dans les épiceries pour les lunchs comme des pattes d’ours, barres granola, petites carottes, donc ça demande plus de préparation, mais au moins on élimine l’énorme gaspillage d’emballage à l’unité. Nous les payons à chaque mois, nous leur fournissons logement/électricité et nous payons pour l’éducation de leurs enfants. Nous les dépannons aussi au niveau des soins de santé au besoin.
J’ai intitulé cet article “Les enfants, oups pardon, les domestiques” car parfois, j’ai l’impression d’avoir à gérer des enfants. Comme les ados demandent toujours un peu plus d’argent à leurs parents, mes domestiques doivent toujours emprunter de l’argent pour plein de raisons différentes. On fait des ententes de remboursement comme on ferait avec des ados.
Je dois absolument vous raconter l’épisode d’hier. Chaque famille a son bord de territoire. C’est séparé également et ils ont de la place pour cultiver leur maïs, patates et covo. Pauline est chrétienne et fait partie d’une genre de secte très répndue et acceptée ici au Zimbabwe. Le dimanche, ils s’habillent tout en blanc et se rassemblent dans les champs pour prier toute la journée. Bon, selon sa religion, elle doit avoir un petit pot en terre glaise derrière sa maison avec de l’eau dedans pour prier. Le problème, c’est qu’elle a mis le petit pot parmi les plants de covo à John. Lui n’étant pas religieux, dit que le pot est dans le chemin. Je n’entrerai pas dans plus de détails, mais imaginez donc qu’hier, ils m’ont demandé d’intervenir pour le #@#?& de petit pot. Nous en sommes donc venus à une solution (j’avais l’impression de parler à des enfants. Eh bien aujourd’hui, la femme de John (qui a un sacré caractère) a mis plein de cendres sur les plants de covo, donc aussi sur le petit pot de prière (disons qu’il y en avait pas mal plus sur le petit pot). C’était sa revanche contre le petit pot! Alors, on m’a encore demandé d’intervenir! RIDICULE! Je les ai donc chicané. Vraiment, vraiment. J’ai élevé le ton et tout et j’ai dû expliquer à Pretty que si elle voulait continuer à habiter ici, elle devait respecter sa voisine (Selon les moeurs d’ici, je ne suis pas du tout obligée d’offrir le logement à la famille du jardinier). Vous comprenez maintenant le choix du titre de cet article.
Ceci dit, une chance qu’ils sont là! Notre rythme de vie est d’une qualité supérieure. Je vis tellement moins de stress, je ne suis pas toujours en train de dire à mes enfants “Attends un peu, je finis ça et j’arrive..”. Ma tête est moins pleine, mes listes “À faire” sont beaucoup moins longues, j’ai même le temps de lire (c’est vrai que nous n’avons pas internet à la maison ni la télé donc il y a du temps pour la lecture). Je fais même partie d’un club de lecture. On est une gang de profs qui se rencontre une fois par mois pour discuter d’un livre que nous avons tous lu. J’apprécie aussi beaucoup les enfants des domestiques car ils jouent avec les nôtres. Ils s’entendent super bien. La maison est entourée d’un grand mur, les enfants, ça ne jouent pas dans la rue ici. Les amis d’école n’habitent pas proche. Nous devons aller les reconduire. Donc, les enfants de Pauline et John sont très appréciés et très gentils.
Ici sur les photos on voit Pauline et sur les autres, ce sont tous les enfants (6 en tout). Mes nièces Évelyne et Jeanne ont envoyé des sacs d'école par le biais de mes parents. Les enfants étaient très contents!
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